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Filles : une large palette de choix d’orientation

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La Journée de la Femme nous invite à réfléchir sur les actions à entreprendre pour réduire l’inégalité hommes-femmes. La prise de conscience doit se faire très tôt. Car les différences professionnelles trouvent en partie racine dans les choix d’orientation.

Les filles ont tendance à se trouver pas assez «fortes» dans telle matière ou à s’éliminer automatiquement d’une voie qu’elles ne jugent pas faite pour elles.

Ces stratégies d’orientation ne relèvent pas de compétences : en fin d’école primaire et en fin de collège, les filles sont meilleures en français et à égalité avec les garçons en mathématiques. Les potentiels sont les mêmes. Ce sont des choix qui poussent les filles à s’orienter principalement vers des parcours à la fois moins scientifiques et moins sélectifs et souvent moins professionnalisants. Démonstration en chiffres.

A première vue, au collège et au lycée, l’équilibre filles-garçons est bien respecté dans les classes. A la rentrée 2009, 49% de l’ensemble des élèves du premier et du second degré sont des filles.

Sur les bancs de la fac, elles sont un peu surreprésentées, puisque 56 % des étudiants recensés à la rentrée 2009 sont des filles.

Des choix différents à compétences égales

Mais ces chiffres généraux laissent entrevoir une répartition inéquitable des filles dans les différentes filières.

Dès le lycée, les chiffres parlent d’eux-mêmes : elles sont surreprésentées en terminale L (79% sont des filles), en terminale ES (61%) alors qu’elles représentent moins de la moitié des effectifs en terminale S (45%) en 2009.

Cette différence filles-garçons n’est pas une question de compétence mais bien une question de choix d’orientation. Les filles s’auto éliminent de certaines filières à compétences égales : pour le choix de la terminale, quand les filles se jugent très bonnes en français, 3 filles sur 10 vont en L. Pour les garçons, la proportion est d’un garçon sur 10*.

Le phénomène s’inverse en mathématiques : quand les filles se jugent très bonnes en maths, 6 filles sur 10 vont en S. Pour les garçons, le ratio est de 8 garçons sur 10.

Dans les séries technologiques, on observe également un déséquilibre dans les filières à dominante scientifique : 40 % des élèves des terminales scientifiques (S, STI et STL) sont des filles en 2009.

Un apprentissage très différencié selon le sexe

Quand ils font le choix de l’apprentissage, les filles et les garçons ne font des choix de spécialités très orientés : les filles choisissent les spécialités de coiffure-esthétique et commerce vente, tandis que les garçons ont tendance à se diriger vers les spécialités de l’agroalimentaire et du bâtiment.

Dans l’enseignement professionnel, ces inégalités se retrouvent : en 2009, 13 % des élèves ou apprentis qui préparent un diplôme dans les spécialités de la production sont des filles. Elles sont 71 % dans la préparation aux diplômes qui relèvent des spécialités des services.

Plus de filles en prépa L

À bac équivalent, les filles et les garçons ne font pas les mêmes choix de poursuites d’études dans l’enseignement supérieur.

En prépa, les statistiques s’avèrent encore plus éloquentes. Les filles ne sont que 42 % en classes préparatoires aux grandes écoles alors qu’elles comptent déjà pour 74 % des élèves de prépa littéraires. Elles sont en effet 30 % seulement en prépa scientifique.

Elles représentent en revanche 55 % des prépas économiques et 51 % des effectifs des classes de Sections de techniciens supérieurs.

On manque de femmes titulaires d’un diplôme d’ingénieur

A l’université la mixité n’est pas non plus assurée : les femmes sont majoritaires en licence et en master mais pas en doctorat. Les étudiantes sont peu nombreuses par rapport aux garçons dans les cursus liés aux sciences en dehors du paramédical.

Dans les grandes écoles, on retrouve ce déséquilibre entre les deux sexes : en 2009, elles représentent 49% de l’ensemble des effectifs des écoles de commerce, de gestion et de comptabilité. Un taux qui tombe à 44 % pour les écoles normales supérieures, 40 % en IUT et 26 % en formations d’ingénieurs !

Ce déséquilibre se traduit au niveau des diplômes : En 2008, les femmes ne constituent que 27% des titulaires d’un diplôme d’ingénieur. Elles représentent 53 % des titulaires d’un BTS et 44% des titulaires d’un doctorat.

49% des diplômés d’écoles de commerce et de gestion sont des femmes en 2008.

*Source : Guide 2011 Filles et garçons sur le chemin de l’égalité de l’école à l’enseignement supérieur .

Des places à prendre dans l’informatique

L’enquête Mutationnelle 2010 réalisée pour Orange montre que la proportion de femmes qui s’orientent vers la formation d’ingénieur diminue : la proportion de femmes ingénieures diplômées est de 17% en 2009. Autre constat, le nombre d’ingénieures a diminué en France, il est passé de 118 740 en 2008 à 117 400 en 2009, pour la première fois depuis 20 ans. Les recrutements de femmes ingénieures sont en baisse en partie parce que les femmes ont tendance à bouder les spécialisations en technologie de l’information, secteur qui recrute pourtant.
« En 2009, un quart des recrutements d’ingénieurs constatés a été effectué dans le secteur des services, notamment des services informatiques », constate l’étude. Pour encourager la mixité dans le management, un objectif souhaité par la majorité des ingénieurs, plus de 80% des femmes ingénieures interrogées mettent en avant la nécessité de mieux accompagner la vie professionnelle et la vie privée (souplesse des horaires, accompagnement du congé parental,…).

 

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